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Victoire du Team French Mountain Raideurs en Irlande

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On s’était bien dit qu’en choisissant l’IRLANDE comme destination de manche de coupe du monde de raid aventure, on aurait des conditions compliquées..Elles l’ont été, plutôt même TRES compliquées, obligeant les organisateurs de la course à changer les parcours.

 

Présentation de l’équipe

 


13962555_1202978996410735_800136318989988800_nClément
c’est notre orienteur en chef. Ce Chambérien  aux grands bras est fort partout, mais s’il faut
donner un point faible on dira que c’est la dernière nuit (enfin c’était!) :)! Ce sera son 2e raid long en mode ARWS seulement.

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Julien, c’est le 2e Chambérien et aussi notre orienteur n°2 en binôme avec Clément. Il en a fait des raids longs, et il nous amènera l’expérience (et même la corde obligatoire pour le kayak).

 

14064151_1202978943077407_3775925901250074627_nBaptiste,quant à lui, est bon partout, mais surtout pour réussir à dormir en roulant et en courant. Il sera mon teammate de kayak, car ce n’est pas mon fort ! En plus d’être le time keeper pour les arrêts sommeil (même s’il n’y en a pas beaucoup de prévus). Il a été chargé par ma maman de faire attention à moi sur le raid. Mais elle avait pas besoin de lui demander !

 

 

 

Préparation :

Un raid ça se prépare : il nous faut emmener les vélos, les caisses vélos, les pagaies kayaks / gilet de sécu , système de portage kayak… plus nos vêtements et alimentation pour 5 jours de course.. autant dire qu’on ne voyage pas léger. On a prévu 2 jours de préparation sur place pour préparer tous nos sacs en amont de la course (qu’est ce qu’on aura envie de manger et de mettre comme vêtement au bout de 48h00 de course par exemple…?).

Dur de répondre à toutes ces questions, mais en tout cas l’idée est de se synchroniser : si l’un d’entre nous prévoit  de se changer à une transition, autant que toute l’équipe le fasse (pour ne pas perdre de temps), pareil si on doit manger, pareil si on doit.. non je m’arrête là.

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Jour 1 :

Après un petit run de 5km, on enchaîne avec 50 km de kayak. On est en 2 kayaks de 2. Ju et Clem sont ensemble, et moi je suis avec Baptiste. On entend des chiens, ah non ce sont des otaries ou des phoques ou un truc dans le genre. Moi qui pensais que je pagayais bien pour une fois car nous arrivons à suivre le bateau de Clem et Ju très facilement, en fait, leur bateau est percé et prend l’eau.. arrêt sur une île, on vide le bateau, on essaie de le réparer mais ça ne fonctionnera pas. Après quelques échanges avec l’organisation, ils décident de nous donner un nouveau bateau plus loin dans la course et de nous emmener en voiture à cet endroit.. quel début de course ! Pour compenser le fait de ne pas avoir pagayer une portion, nous devons partir en 6e position au lieu de la 4e position que nous avions initialement.

Soit, ça fait parti des aléas de l’aventure.. on continuera notre bout de chemin, en courant beaucoup moins vite sur la fin car j’ai déjà des tendinites au genou, à cause de courir avec un sac chargé d’affaires trempées dans le sable et en pente.

Ah et il faut que je vous dise, j’ai appris un truc bien drôle : quand on passe les rivière ou les bouts de mer et qu’il y a pas mal de courant, on fait la technique de la tortue : on s’accroche tous ensemble en faisant un carré, et on progresse comme ça. Bon à moment donné moi je suis trop petite j’ai plus pied donc on est bancal ! Et je suis bien contente d’avoir mis mes hauts et bas gore tex, au moins je suis autant trempée à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Ensuite, on part pour un trek qui s’annonce costaud ; 54 km avec 5 000m de dénivelé. Dans la nuit, dans le brouillard, à suivre les crêtes  mais pas de chemins (car il n’y en a pas). Tout là haut dans la montagne au milieu de rien, les pieds trempés car on passe notre temps à traverser de la tourbe (def : matière organique formée dans un milieu saturé en eau… il était bien saturé oui !), on doit éteindre nos frontales pour essayer de distinguer les crêtes car sinon les lampes éclairent le brouillard et nous ne voyons rien. Il va sans dire qu’il pleut et qu’il fait bien froid, mais ça, ce sera de manière continue toute la course. Alors on met les pantalons gore tex, on les enlève, on rajoute une couche sous la veste gore tex en expérant qu’il nous reste un peu d’affaires sèches..

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A la fin de la première partie de ce trek interminable, nous rejoignons l’équipe française AGDE et SWECO, donc les équipes de tête. Clément en grand prince les aide à trouver la balise qu’ils n’arrivaient pas à situer. Et nous finirons sur une portion de route (cause changement de parcours) pendant 17 km où nous courons et nous laissons derrière nous les 2 équipes qui ne nous reverrons plus..

 

Jour 2 :

La fin du trek laisse place à un portage kayak ( nous avons pris l’option j’y vais en culotte pour me changer et rincer ma combinaison à l’eau ), bien sûr les cameramen et photographes sont là… Et c’est parti pour 70 km à pagayer.. si tu calcules, à 5 km/h, il y en a bien pour 14h00 : youpi, moi qui n’aime pas trop le kayak.. Là ce sera la lutte pour ne pas s’endormir sur le lac. On prend l’option on attache les deux bateaux pour que celui de derrière puisse dormir à tour de rôle. (mais attention, chaque sommeil doit bien faire au moins 5 min ! pas plus hein !)13939565_1202978843077417_341261872820309383_n

On se dit que finalement on essaie d’atteindre Galway qui est assez loin où un portage kayak nous attend, pour  pouvoir dormir 1h30 (énorme !). La fin du kayak dans la nuit,contre le vent est terrible, on a l’impression de ne pas avancer, et je me prends les vagues en plein dessus. Un peu avant d’arriver, on cherche un canal, mais on se perd entre les roseaux, on voit des lumières qu’on ne voit plus, dans la nuit sur l’eau la navigation est super compliquée.  Mais où est-on ?? En arrivant à Galway , on nous annonce que la fin du kayak est annulée et que le vélo commence direct. On dort quand même : essai pour monter la tente en vain, on finit par dormir sur la toile de tente pour se protéger du froid du sol…et il commence à re-pleuvoir.. voilà voilà, le gros sommeil qu’on attend tous depuis bien longtemps se fera sous la pluie.. enfin Ju dort dans le survival bag, et lui dort à poings fermés (sorte de couverture de survie : sac de couchage). On dort tellement bien qu’on écourte à 1h00 (c’était déjà bien trop long pour moi)et qu’on repart avec le vélo, sous la pluie (toujours), il doit être 2h00 du matin.

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Jour 3

Le vélo… nous avons bien des vtt, mais nous allons faire 90% du trajet sur du bitume.. rien de tel pour que Baptiste et Julien s’endorment sur leurs vtt. On essaie de tenir sans dormir jusqu’au passage du ferry, mais le sommeil aura raison de Baptiste qui voit des ronds points au milieu de la route.. on s’arrêtera 5 min au bord d’une rivière.

Une petite animation pour nous couper de ce long vélo : le passage en vélo dans des caves / grottes. Ce sera assez rigolos, même si Julien se prend une boîte incroyable car ça glisse.

Puis reprise du vélo et on arrivera pour le Ferry de 13h30 : après avoir acheté des sandwichs chauds pour le trajet, nous profiterons des 20 min de traversée pour dormir sur le pont du ferry (autant dire que les autres passagers nous regardaient bizzares, les cameramen n’en ont pas lâché une miette, on risque de rigoler en regardant le film qui arrive en décembre !)


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Et puis c’est reparti pour le vélo, direction la prochaine activité 30 km plus loin : le COASTERING. Leur idée est de nous mouiller (après la cave), assez régulièrement, comme si la pluie ne suffisait pas. Le principe : nager et grimper sur des rochers pour faire des sauts dans l’eau. Le plus haut sera de 8m… et finalement la petite coupure passe bien. (j’avoue je flippe un peu de faire des sauts comme ça moi).

 

 

13653107_10209012175054638_4902968491534628440_oOn repart pour une autre section VTT interminable pour rejoindre le départ du trek. Sur nos VTT, trempés, dans le vent qui est assez incroyable, on trouve refuge dans une station service où nous commandons tout ce qu’il y a de mieux à ce moment de la course : un cheeseburger et des frites. On en profite pour se réchauffer un peu et on se synchronise sur le plan tactique : on enchaîne sur la fin du vtt et le trek, on dormira après. Les gars de la station nous disent qu’il est prévu alerte orange jusqu’au lendemain midi.. oui on avait remarqué qu’il ne faisait pas beau. Dans la dernière partie VTT, un gars en voiture nous arrête pour nous demander si ça va (vu les conditions météos).. oui oui on est au top du top là !

Transition VTT -trek ; les vents sont vraiment violents en bas, qu’est ce que ça doit être là haut dans la montagne. On doit monter et redescendre un 900 m de D+ . On demande la confirmation à l’orga pour savoir si c’est sûr que cette partie n’est pas annulée, parce que là quand-même…  non non.. ok bon on y va. La difficulté c’est essayer que les mecs ne refroidissent pas trop en montée car ils forcent moins que moi.. Julien aura le droit à un petit début d’hypothermie #couverturedesurvie. On finira de se réchauffer avec la montée finale dans des rafales incroyables où Baptiste me saute dessus au moment où une bourrasque me pousse du côté falaise (moi je vois rien il fait nuit).

On s’en souviendra un bon moment de celle là ! A la redescente on croise les AGDE, qui nous disent que SWECO viennent de monter. Et là on cherche un endroit où dormir dans ce tout petit village.. autant dire qu’on a trouvé les toilettes de je ne sais quel bâtiment et qu’on était fort content ! 1h30 de sommeil à l’abri du vent et de la pluie, quel luxe !

Jour 4

On remet nos vêtements trempés, et c’est reparti pour du vtt avec un long portage dans la montagne.. et il nous faut traverser un cours d’eau qui avec la pluie qui vient de tomber est devenu sévère.. les 2 supermen Baptiste et Clément se plantent dans le cours d’eau pour faire passer nos vélos, et nous aussi.. Il faut préciser que d’autres équipes plus tard auront rebroussé chemin car le débit de l’eau leur a fait peur.

Je vous épargne les longs km de vtt sur route face au vent avec peu d’intérêt (pour nous qui aimons le technique, on n’est pas servi!), avant d’arriver à la transition, la plus importante avant le dernier trek.

On prendra 30 min de sommeil, d’ailleurs voici notre transition en vidéo (oui je respire le bonheur à ce moment de la course :))

 

 

Départ pour le trek, si les premiers km sont roulants car ils sont sur la route, le reste sera bien différent (cf video ci dessus). On monte dans un champs, il n’y a pas de chemin, et ça grimpe ça grimpe, avec un vent de malade.. comme le parcours nous oblige à toujours suivre les crêtes, on peut se mettre à l’abris du vent que rarement. Et là haut quand c’est l’apocalypse (vent, pluie, bouillasse, brouillard) Clément nous prévient : c’est bien 4 à 5 heures qu’on va passer dans ces conditions… ah d’accord…bon. Pas trop d’autres choix de toutes façons, mais en tout cas on n’aura pas une grosse envie de s’arrêter ici pour dormir. On finira quand même par voir du paysage à la 2e balise. Et en fait c’est beau quand on y voit plus clair ! Puis descente vers un village, où nous cherchons de l’hospitalité (c’est à dire un coin dans un garage potentiellement) chez des gens peu accueillants.. l’idée était de se faire un somme avant d’attaquer la 2e partie du trek avec l’ascension du plus haut sommet de l’Irlande (un peu plus de 1000m,  énorme !). On tombe finalement sur une auberge qui nous accueillera sympathiquement : sommeil de 30 min trempés sur les banquettes, à faire sécher nos chaussettes et gore tex sur les chaises… oui désolée c’est pas terrible, mais on n’a pas beaucoup d’autres choix. Soupe / café / sandwich et c’est reparti. On apprend que l’écart avec SWECO diminue diminue.. mais on ne se précipite pas, on va essayer de gérer, mais tout peu encore changer !

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Dans ce deuxième trek, le vent n’aura pas faibli du tout du tout, on l’aura en plus de nuit. Même s’il pleut, je prends l’option de ne pas mettre mon pantalon gore tex et de rester en collant long : même si j’ai plus froid, j’ai moins de prise au moins, l’ascension sera moins pénible et je m’envole moins !

Finalement, ce sera sur ce dernier trek de nuit qu’on profitera au plus des paysages (enfin des formes dans la montagne) car il n’y a plus de brouillard.. c’est dire ! Ju et Baptiste ont bien envie de dormir debout, mais comme c’est technique et dangereux il vaut mieux pas. On vise la fin du trek pour prendre un peu de repos car il y a un arrêt chrono (on ne peut commencer la dernière section canoë qu’à 6h15). Avant ça, la dernière descente glisse de partout, et le cameraman nous a retrouvé (le même qui est venu tout en haut dans la montagne dans le vent). Ce n’est pas fait exprès pour lui, mais on se prend chacun de belles gamelles qu’il ne loupera pas..

On arrive vers 4h15 à la fin du trek… on ne se réjouit pas encore pour notre place, nous ne savons pas quelle avance nous avons vraiment. On se réjouit par contre car nous avons la possibilité de dormir dehors, avec la tente, mais celle ci n’était pas da14095876_10157304320925503_4283776972200786212_nns les bons sacs pour des questions logistiques, mais en même temps elle ne nous sert pas à grand chose. Finalement, Baptiste aura dormi 5 min, victime de l’attaque des moustiques (c’est rageant quand on pouvait dormir au moins 1h00 après tout ça !).

Au réveil, je suis incapable de plier mon genou.. et on nous annonce qu’il faut porter les canoës sur 500m. Ils pèsent une tonne.. heureusement que j’ai des mecs super forts dans mon équipe. (voir la vidéo, je crois que les journalistes se moquent un peu de moi .. ;))

3h00 de canoë plus tard, et une petite marche de 1km plus loin, c’est l’arrivée ! Après 93 h00 de course, on est content d’être content !

 

Moi je suis un peu moins contente d’être cassée de partout, entre les tendinites aux 2 genoux et à un tendon d’achille, sans compter une espèce de douleur  au tibia qui est assez insupportable…mais je suis bien ravie d’avoir fait partie de l’équipe la plus fun du monde du raid aujourd’hui, et en plus, ils sont trop forts !

Et la diagonale des fous dans 2 mois ? on verra ce que me disent les médecins, mais je croise les doigts.

 

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