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Raid In France 2014, Manche de coupe du monde de Raid Aventure

rif-ensemble

Au  programme, entre 5 et 7 jours de course au départ du Puy en Velay, pour rejoindre le Grau du Roi, entre le 13 et le 20 septembre. Au programme nous attendent 330 km de vtt, 120 km de trek, 110 km d’eaux vives, 30 km de divers (canyons, spéléo, cheval).

Mon équipe, c’est qui ?

C’est l’une des 3 équipes Maxi Race inscrites sur le RIF. Ce sera la première fois que nous courrons ensemble (ce n’est que mon 2e raid du genre après le Costa Rica). Nous nous sommes déjà rencontrés, 2 fois même ! Heureusement, et je sais que l’on va bien se marrer, parce qu’ils sont en or.

Manu est notre orienteur expérimenté, Yo est notre skieur alpiniste qui sera le tracteur du raid, et DD le 2e tracteur duraid, avec qui j’ai déjà participé au Costa Rica l’année dernière.

Ils sont tous les 3 au top, et je vais essayer de ne pas être trop le boulet sur le raid.. déjà que niveau matos, je suis à la rue, car oui il faut ramener en plus de tout le matos vtt et trek, ses pagaies / gilet de sauvetage/ baudrier/ poignée jumar/ etc…

Je remercie d’ailleurs bien mes sponsors matos (Maëlle et Croc, Stef A), car la préparation du raid et du matos doit être aussi fatigante que le raid lui même !

Il nous faut également préparer tous nos ravitaillements pour ces 5/ 7 jours en amont, que l’on mettra dans nos caisses VTT/ bidons d’assistance, pour pouvoir les retrouver sur certains points de transition.

Après avoir pesé nos caisses VTT/ bidons d’assistance (et oui on ne peut pas tout emmener avec nous, il faut choisir !), nous voilà enfin au départ de la course dans le centre ville du Puy en Velay.

Ce samedi après midi, nous attend donc le prologue : une course d’orientation dans la ville, qui doit pouvoir se faire en 30 min.

Le départ est donné, on commence par une petite boucle à pied avant de récupérer les cartes. Et c’est parti au taquet,  comme si on ne courait pas pendant 5 jours non stop derrière ! On est rapidement dans les premiers, et nous enchaînons les balises sans ralentir le rythme.  Finalement, on arrive 3e du prologue, mais 2e au classement, car l’équipe de Lozère Sport Nature a oublié une balise, ce qui lui vaut une grosse pénalité.

Puis nous rejoignons le  lieu du départ du dimanche avec une jonction de 35 km en vélo.

En fonction du classement de la CO, nous avons plus ou moins de balises à valider sur une course d’orientation en kayak sur un lac.

Le départ est donné à 5h30 ce dimanche. Et ça repart au taquet, mais là c’est parti pour 5 jours sans pause !

Après une bonne CO kayak, nous sortons 1er de cette section mais nous sommes rapidement rattrapés par l’équipe 400 Team, qui fait une transition super rapide et part en VTT un peu avant nous. Après quelques ajustements de roadbook / frontale, on reprend un bon rythme. On jardine un peu pour trouver un chemin, et quand on le trouve ce sera la première chute de Yo, qui aime beaucoup les descentes en VTT !

On arrive 2ème sur la transition pour récupérer le matos kayak, mais à ce moment on ne le sait pas !

La section kayak est super fun et les quelques rapides un peu technique, mais DD qui barre à l’arrière et Manu sur le 2e bateau gèrent comme il faut. Pour moi c’est la première fois que je fais du kayak comme ça…

Nous avançons en même temps que l’équipe d’Arverne, jusqu’au moment où l’un de leur bateau se renverse dans un rapide, et nous arrivons à la fin de la section, où l’on nous annonce 1er… On ne le sera pas longtemps, car nous nous plantons dans l’endroit où l’on doit traverser la rivière, et nous récupérons le bon chemin en même temps que les équipes de Lozère et 400 Team.
Sur cette section de trek, nous devons porter tout notre matériel kayak avec nous (gilet/ pagaies), ainsi que les combinaisons. Et ça commence avec une montée droite et pentue comme il faut !

Arrive enfin le départ du rafting, transition encore à fond, on regonfle le raft, on attache les sacs au bateau, et c’est parti avec Manu et DD qui barrent à l’arrière.  C’est le premier moment où nous nous retrouvons à 4 dans le raft, et avec l’enchainement du canoe/vtt/kayak/trek, on a pas vraiment pris le temps de boire, manger.

J’ai l’impression d’avoir été en sprint sur déjà plusieurs heures de course !

Euh, la bouée jaune c’est pour nous ? non ? ah si, mince, et voilà comment on a failli louper l’arrivée du raft ! :)

Heureusement nous attendent nos bénévoles préférés, avant d’entamer une section de 95 km de vtt.

C’est parti depuis 5 min et là, un bénévole nous rattrape en vélo : « on a oublié de vous rendre le passeport ! » ah oui effectivement c’est mieux avec, ça nous sert à valider les balises !

Et c’est parti pour une grosse montée à pousser / porter le vtt / Yo m’aide parce que je n’ai pas l’habitude de sprinter comme ça.

Mais bientôt ça va être le DD qui ne dit trop rien pour l’instant qui va être pris de grosses douleurs à l’estomac.

Sur cette longue section VTT, DD commence à avoir du mal à supporter les douleurs d’estomac, je ne l’ai jamais vu comme ça ! Du coup on s’arrête un peu, Manu et Yo l’aident chacun leur tour, mais nous rattrapons quand même l’équipe devant nous, grâce à une super orientation de Manu.

Avant de repartir sur le trek, nous faisons une très longue transition, qui doit prendre au moins une heure, car DD a besoin de se poser un peu. Il arrive quand même à repartir, mais c’est tendu tendu, il a un gros mental pour ça.

Ce trek sera pour le moins humide, nous allons passer quelques heures à descendre un cours d’eau, puis à en remonter un autre, autant dire que nous n’avançons pas vite, et que la progression est assez compliquée entre les pieds qui commencent à être vraiment humides (avec les crevasses et les ampoules qui vont avec) et les passages hors de la rivière à travers les ronces et les orties.

En glissant sur un rocher, je m’éclate dans la rivière et Manu me récupère en m’attrapant  le sac. Ca doit être à ce moment là qu’il perd la carte…

Parce-que sur une pause un peu plus tard, plus de carte…euh c’est par où ? On a le double ? Non ?

C’est  fini pour nous, là… comme le raid est tout en orientation, pas de carte signifie que l’on n’a aucune idée de par où on doit aller.

Donc l’idée c’est d’attendre qu’une autre équipe nous rattrape, pour savoir où aller…

Première boulette du raid !

Donc on se pose, et on attend… gelés, trempés, tout ça tout ça quoi, il ne faudrait pas non plus que ce soit confortable ! :)

Et nos sauveurs l’équipe d’Arverne arrivent, et nous donnent gentiment le double de la carte, nous sommes sauvés !

Encore quelques heures à progresser dans la rivière, et nous en finissons de patauger.

Nous attend l’ascension du mont Mezenc, mais DD n’a toujours pas retrouvé la forme.

A tour de rôle, Manu et Yo me demandent ce que j’en pense : ça fait quand même 24H00 qu’il souffre, et qu’il a ses douleurs. A la balise 14, il n’en peut plus et veut abandonner et arrêter la course . On s’en rappellera longtemps de cette balise 14 !

Moi je propose d’y aller plus tranquillement, et de voir après le sommeil obligatoire de 3h00 à la prochaine transition. Sans l’obliger à continuer en fonction de son état, mais je ne tiens vraiment pas à abandonner. Du coup on l’aidera à tour de rôle pour essayer de le reposer un peu pendant la montée, en le tractant ou portant son sac à dos.

Et finalement, au pied du Mont Mezenc, on nous annonce les équipes devant nous à seulement 10 min, malgré notre faible vitesse, c’est qu’on n’est pas si mal !

Et nous voilà du grand DD, qui repart, et se remet même à courir dans la descente ! Finalement, on rattrape presque les 2 équipes à la fin de la section à Saint Eulalie, juste avant les 3h de sommeil obligatoire, on est lundi après midi, nous sommes partis il y a presque 36h et un peu de repos ne fera pas de mal !

Quand on se réveille, on voit qu’on a échappé à l’averse de grêle et à l’orage. On repart sur un VTT de 40 km, avec Lozère/ Arverne, en fonction des moments.

On finit la section avec eux, mais nous faisons une transition bien trop longue (c’est un point qu’il nous faudra travailler) et nous partons seuls sur le canyon. Une grosse erreur de lecture du roadbook (le roadbook c’est moi :( ), nous fait perdre presque 40 min, et nous rejoignons le canyon vers 3h00 du matin. Un canyon de nuit !

Pour moi qui ne suis pas experte, c’est une première mais pour Yo aussi. Le principe du canyon c’est de sauter de rocher en rocher, et pour moi de glisser de rocher en rocher surtout… certains sont très glissants, et heureusement que nous avons une combinaison pour nous protéger un peu. Quelques très beaux rappels et nages dans une eau pas très chaude, et nous sortons du canyon,  au petit matin , avec l’option de garder la combinaison sur nous pour le trek.

C’est une super idée, car le trek nous amène à travers une végétation très dense. La montée est très raide : c’était annoncé 700D+ sur 5km… Yo porte mon sac car je n’arrive pas à suivre leur rythme.

Arrivés là haut, il n’y a pas l’ombre d’un chemin, donc nous suivons Manu qui nous propose de traverser la végétation. Nous lui demandons à plusieurs reprises s’il pense qu’il n’y a pas d’autres solutions, car c’est quand même bien galère (les ronces, la densité des plantes,..), mais non il est sûr de lui. Tellement sûr que quand nous arrivons à la transition nous apprenons que nous sommes repassés 2e, malgré nos erreurs.

Chapeau le GPS !

Grosse transition à nouveau, où on répare également ma chaîne car je l’avais « perdue » dans la descente de la dernière section.

Puis c’est reparti, mais dans la première descente : stop ! Manu a cassé un rayon, et sa chaîne est complètement bloquée. Après encore 20 min passées à tout réparer, c’est reparti. Une petite erreur de roadbook dans la descente nous permet de prendre la plus belle descente du raid, assez technique et ludique (Ourlette).

Puis petit énervement pour trouver le kairn qui nous descendra au kayak qui nous permettent de traverser la rivière, et c’est reparti en vtt !

Grosse montée où il faut porter le vtt, j’avance pas du tout, j’ai l’impression que mon vtt pèse une tonne alors que c’est le plus léger de tous !

DD et Yo m’aident, et je suis bien plus à l’aise sur mon VTT qu’à le porter. On termine la section et nous retrouvons sur l’aire de transition pas mal d’équipes qui ont été shuntées et redirigées directement sur cette transition.
On enchaine avec le 2ème canyon, du coup que l’on fera de jour. Ce ne sera pas le plus beau, et avec la fatigue  je glisse et m’éclate la jambe dès le début. Petite entorse, qu’il va falloir supporter jusqu’à la fin du raid.. Mais n’y pensons pas ! Avec ça moi qui n’était pas la plus rapide, ça ne me fait pas avancer plus vite. On se fait doubler par des suédois qui courent sur les cailloux. Petit moment de doute, et après on nous apprend qu’ils ne sont plus dans la course.. ouf !

Sortie du canyon, on rejoint un lac en trek, et nous pagayons 5 km sur le lac avec la tombée de la nuit.

A la transition, Yo prend le temps de mettre du talc sur ses pieds car les ampoules et les crevasses lui font mal.

On se prépare des sachets de lyophilisés fallières nutrition que l’on amènera sur le début du trek.

Puis c’est parti, ça va monter, et ça va être mouillé. On commence par un moment très sympa où chacun goute les lyophilisés des autres parce-que c’est trop bon de manger autre chose que des barres et des graines. Mais est-ce la digestion où le fait que nous n’avons dormi que 3h en 62h00 de course, mais Yo a une terrible envie de dormir. « Qu’est ce que tu fais Yo pour que ça passe normalement ? » « En général, je dors !  » Effectivement…

Ok bon on dormira dès qu’on aura trouvé notre chemin.

Pause de 30 min pour dormir et soigner les pieds de Yo. Pour que Manu se remette aussi dans la carte parce-qu’il a eu son premier moment de dur, et qu’il est tout seul à orienter, nous ne sommes pas d’une grande aide sur ce point.

Puis c’est reparti, sous la pluie, dans le froid. Plus on monte et plus on ne voit rien. Le brouillard devient très dense, les pieds de Yo très douloureux, et heureusement que Manu est un dieu de l’orientation.

On atteint enfin un refuge trempés. Une petite pause pour que le médecin répare les pieds de Yo, et on repart à nouveau, dans un petit sentier perdu dans le brouillard. Ambiance fin du monde assurée. Comme j’ai prêté ma Gore Tex à Manu qui a perdu la sienne, j’ai un coupe vent qui est nullement étanche. Notre rythme s’endort un peu, et j’essaie de redynamiser les troupes parce-que je suis complètement congelée et qu’il faut que je m’active.

Dans un brouillard qui nous permet de voir à 5m pas plus , nous trouvons enfin la  balise, comme inespéré, sortie de nulle part. Manu décide d’aller tout droit vers le village s’abriter un peu,se réchauffer et se reposer.

On trouve un abri derrière une maison, je me pose dans un coin, et mes coéquipiers me réveillent au petit jour.

Je suis encore complètement congelée et je ne sais pas comment j’ai fait pour dormir en tremblant autant. On repart mais les éclairs éclatent de partout, et nous décidons de nous abriter en attendant des nouvelles de la course car ça devient quand même bien dangereux. Moi je ne connais pas grand chose à la montagne donc je ne les force pas à continuer coûte que coûte mais je ne veux toujours pas abandonner, au pire, repartir plus tard.

On s’abrite à l’office de tourisme où nous retrouvons une autre équipe échouée également. Le temps de se réchauffer un peu, nous apprenons que nous venons de louper la barrière horaire de la prochaine section, et qu’Arverne qui était derrière nous jusqu’à présent nous a doublé pendant la pause, et a passé la barrière…Donc nous ne serons au mieux que 4e, si nous repartons au moins !

Et nous repartons finalement, sur un très bon rythme, pour rejoindre la fin de la section 3h00 plus tard. On nous apprend que vu les conditions, pas mal de sections vont être annulées (spéléo, kayak,..) et nous repartons pour un vtt de transition de 90 km.

Des grands moments : des averses et des éclairs juste au dessus de notre tête, trempés jusqu’aux os, on arrive à 18h30 dans un village, il doit nous rester 14km jusqu’au prochain village où l’on peut trouver une boulangerie. L’épicerie les appelle pour leur demander de nous attendre. Devant nos airs de raideurs trempés fatigués affamés, il semblerait qu’elle ait eu un élan de compassion. Nous faisons une montée sur la route hyper rapide, avec la motivation d’arriver avant la fermeture de la boulangerie. Les éclairs éclatent de partout, ce serait beau si ce n’était pas aussi proche de nous ! Nous arrivons finalement à 19h35, le temps d’acheter tout ce qui restait comme quiche/ pizza / tarte et nous faisons un festin, abrités de la pluie !

Puis c’est reparti pour les 20 derniers km de montée avant la pause de 3h à Camprieu et nous sommes bien, voir très bien physiquement, revigorés par cette pause de folie.

A la fin de la montée nous croisons la voiture de Pascal Bahuaud, le directeur de la course. Il nous dit que la course est neutralisée à Camprieu, il est rassuré de nous voir entiers  ! :)

Devant les intempéries, l’alerte orange et les routes effondrées, l’organisation de raid in France a réussi à réorganiser la course et à nous permettre de la finir au Grau du Roi, après un arrêt d’une journée à Camprieu. Nous sommes le mercredi soir.

 Nous sommes amenés le vendredi matin à Aigues Morte pour pouvoir faire la section de 13km de cheval, puis la course sur la plage.

Je ne sais pas pourquoi mais ils me proposent de prendre Pitchoun, le plus petit…

En tout cas c’est un moment génial, où nous alternons pas et trot dans les marais salins.
Puis nous finissons par 12km de course sur le sable, ce sera sans doute le moment le plus difficile du raid pour moi à cause de mon entorse et des appuis très instables.

Mais on arrive à la dernière balise, on voit les bâtiments du Grau du Roi se dessiner devant nous, l’allée des oriflammes et une allée de bénévoles qui nous attendent, un grand moment !

Pour une première manche de coupe du monde, je crois que j’ai participé à ce qui se fait de mieux dans le monde des raids, Raid in France, que ce soit en qualité de parcours, d’organisation, mais surtout grâce aux organisateurs en or.

Et ce serait sans doute totalement un autre raid si je ne l’avais pas fait avec la plus belle des équipes, la Maxi Race /Raid 74 !

Finalement, une 4ème place bien méritée, une super place même si on a été mieux classés à certains moments de la course. Mais quand on se compile notre parcours, en tout cas moi je trouve ça fou !

A refaire bien sûr ! (après un peu de repos ! :) )

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