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On a traversé l’Atlantique !

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Le 4 janvier 2015, on posait les pieds sur la terre ferme de Guadeloupe, et on parlait avec des gens(!) après avoir passé un peu moins de 19 jours en mer, sur un bateau de 9 m de long, à 3 , presque coupés du monde…

Une aventure, incroyable, d’un autre genre que celles auxquelles j’étais habituée, dans un élément complètement inconnu, la voile.

Nous sommes partis du Cap Vert le 17 décembre, avec des vents forts, et une houle qui nous fait rentrer tout de suite dans le bain. Jean Paul, le Capitaine, et Benjamin ont beau m’assurer que vu la quille qu’il y a sous le bateau, on ne peut pas se retourner, je mets quand même du temps à m’habituer à cette gîte qui nous fait tanguer de tous les côtés.
Les débuts assez mouvementés auront raison du mal de mer de Benjamin, qui sera malade une bonne journée, avant de sentir les effets (assez drôles) des patchs contre le mal de mer et autres médicaments qui font leur effet. Pour ma part je suis barbouillée la première journée, mais je m’en sortirai sans mal de mer trop dur. Au bout de 2 jours j’arrive même à lire dans la cabine, ce qui, selon le capitaine montre que c’est bon, je me suis habituée.

Les premiers jours, nous avons des vents assez constants, mais suit une panne d’alizées un peu avant la moitié du parcours, nous faisons du 3 nœuds au lieu du 5/6 escompté. C’est l’occasion de découvrir d’autres voiles que la grand voile et le génois, donc nous sortons le spi et le gennaker .
C’est sûr que c’est un stage intensif de navigation, et le capitaine nous apprend beaucoup sur tout (les vents, les appareils, les voiles, la façon de barrer, le calcul des nord magnétique et réel,…) .

La 2e semaine, avec la panne d’alizées, nous amène à nous poser pas mal de question : nous avions prévu de partir 15 jours en mer, sur ce nouveau rythme, ce sera plus 20 jours de navigation, est-ce que nous avons assez d’eau potable et de nourriture pour tenir jusqu’au bout ? C’est difficile de prévoir pour 3 personnes et pour autant de temps.
Alors que nous péchions 3 dorades Coryphène par jour les 4 premiers jours, nous ne pêchons plus rien à présent.
Nous ne voyons même plus de dauphins ni baleines (alors qu’ils étaient bien présents au début), et nous ne croisons pas un bateau. Même les poissons volants, qui volaient en masse autour de nous au début, et qui venaient même s’échouer sur le bateau, voire dans la cabine en plein milieu de la nuit pour nous réveiller.
Autant dire que nous sommes tout seul.

Mais vers le 10e jour, nous pêchons un thon énorme de 5/6 kg, ce qui nous rassure et nous fera les repas pendant 4 jours. Il arrive à peu près en même temps que le vent, et nous revoilà partis avec des vents de 20 à 30 nœuds, et même jusque 38 nœuds ! Le rythme change, et la houle revient, et ce jusqu’à l’arrivée à Point à Pitre, le 4 janvier dans la soirée.

En quelques mots les moments forts de la traversée ont été :

L’amarinage n’étant pas le plus évident pour Benjamin, les médicaments ont pris le relais : patch de scopolamine additionné au médicament mercalm… effets secondaires originaux du type : Épisode 1 : Lucie : « Euh Benjamin il est 2h du mat’, ton quart est à 3h30, c’est dans 1h30, tu vas pas te lever tout de suite ! » Benjamin : « Ben oui, faut bien que je m’habille quand même ! » Après 2 min de calme, il se rendort ; Épisode 2 : 7h du matin, réveil en sursaut Benjamin à Lucie : «Mais mais qu’est-ce que tu fais ! Tu m’as fais perdre le cap ! Où est la boussole ? »,en cherchant dans la cabine.

la première daurade coryphène, et toutes les autres qui sont venues échouées sur notre bateau et surtout dans notre assiette

le poisson volant qui s’incruste dans la cabine à 3h du matin en faisant un bruit de fou, et pour info, ça pue mais ça pue !

Les douches à l’eau de mer avec un saut,pendant 20 jours, où on se demande vraiment si c’est normal d’être encore tout poisseux juste après

Le gâteau d’anniversaire au chocolat du 26 décembre cuit au four solaire (c’est en fait 2 boites en carton et du papier d’alu, mais ça marche, oui oui!)

les dauphins et les baleines qui s’amusent avec le bateau

les essais de voile (on monte un ris, on le reprend 10 min plus tard, on enlève le tangon, on le remet 10 min plus tard)

la première sortie du spi, grand beau et efficace avec 5/ 8 nœuds de vent

la dernière semaine, à surfer la houle de 3,5m avec des alizées qui se sont bien réveillés et à surveiller les grains qui arrivaient par derrière surtout la nuit.

La vague qui s’invite dans le bateau et qui trempe tout, les batteries, les matelas et les affaires du capitaine, feu d’artifice dans les batteries ! Mais ouf le capitaine a pu tout réparer (sinon plus de pilote automatique, de GPS, de mesures du vent, etc. Le retour à la navigation traditionnelle).

Un petit retour d’effet secondaire de patch chez Benjamin : Jean-Paul sort son matelas de la cabine pour le faire sécher demande à Lucie qui barrait : « je te gêne pas ? » et Benjamin en train de faire la sieste à l’autre bout du bateau (à 3 m de là environ) qui répond dans son sommeil : « Noooon noooon ».

Les quarts de nuit avec un capitaine réveillé pour chaque gros coup de vent et grain. Avec le retour du vent, on s’organisait en faisant 1h30 à 2h de surveillance chacun notre tour.

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Les levers et couchers de soleil tout au long de la traversée.

La vision de la terre (d’abord de l’île de la Désirade puis de la Guadeloupe) qui marque le début de la fin de la traversée : il nous a fallu environ 10h pour rallier le port après l’avoir aperçu

Les premiers pas sur la terre ferme (après, c’est la terre qui bouge et on marche comme après 2 – 3 verres de rhum guadeloupéen) et la première nuit sans se réveiller toutes les 3h, dans un lit qui ne bouge pas !

Mais imaginez, 18 jours sur 9m de long, à ne même pas pouvoir marcher, c’est quand même un peu difficile, et ce n’est pas la meilleure préparation pour le triathlon…
Du coup la transition a été assez douloureuse avec le triathlon des neiges des Coulmes du 11 janvier (soit 2 jours après notre retour de Guadeloupe) , mais c’est toujours un plaisir de courir dans cet endroit magnifique et de retrouver les copains du Vercors, d’Aix en Provence, de Lyon et de la Drôme.

1 comment

  • Superbe aventure, ça donne envie de retourner sur un voilier !
    Comment vous êtes-vous retrouvés dans cette aventure?
    Si vous avez besoin d’un équipage pour un prochain périple entre 2 tris/raids/… je suis partante !!

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