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Désolée la planète, j’ai fait ma part (de pollution), j’essaie d’arrêter…

photos guillestre lucie croissant.fr

C’est ce que je me suis dit après avoir fait les tests des pandas suisse et anglais (plus ou moins précis je l’accorde) du calcul de mon empreinte carbone. Je me suis sentie un peu plus concernée quand moi, toute seule, j’avais besoin de presque 4 planètes pour ma consommation personnelle

 

2 façons de réagir :

1/Mais comment font-ils leur calcul..? de toutes façons je prends l’avion uniquement pour aller faire des courses (tri, raids, trails), donc pour ça, ça va… « .  C’est de la faute des politiques, des gros industriels, en tout cas de tout le monde sauf de moi. Déjà j’achète mes tomates bio dans des sachets suremballés de mon supermarché, quand ce n’est pas la saison, c’est déjà bien non ?  ( » ah, parce que je ne vote pas ? je ne peux pas rendre ces industriels moins gros en arrêtant d’acheter chez eux ?..)

 

2/Je ne peux pas dire que j’aime la nature, et en même temps être une source de pollution énorme. Bien sûr il y en a sans doute qui polluent plus, mais déjà à mon échelle, je peux modifier beaucoup de choses. C’est aussi ce qu’on appelle la Légende du Colibris : si chacun fait sa part, on peut arriver à faire bouger les choses. Et là il s’agit de « sauver la planète ». En tout cas, ça fera plus bouger que de ne rien faire et juste râler.

Bon il y a aussi le point 3/qui est de nier qu’il y a un problème. Ca c’est vraiment pour les autruches parce qu’aujourd’hui il y a tellement d’études et de rapports qui le démontrent, que c’est vraiment ne pas vouloir bouger de son confort personnel. Même si ce serait quand même plus facile de ne pas regarder la réalité en face et de continuer sa vie ainsi sans se poser de questions.

Le défi de changer ses habitudes et sa façon de penser, c’est un défi qui me va bien. Donc j’ai opté pour l’option 2.

 

Je polluais un peu , beaucoup, passionnément… mais plutôt à la folie.

Avant 2018, je m’envolais, insouciante, au Costa Rica, à Hawaï, en Chine, à la Réunion, etc….pour faire des courses de raids, triathlons, ultra trails. Imagine, les championnats du monde à Hawai (Maui pour les Xterra), « ça ne peut pas se louper ».

D’ailleurs, l’année où j’ai été qualifié pour les championnats du monde d’Ironman à Kona avec Julie ma jumelle,  et que j’ai choisi de ne pas y aller, c’était plutôt la surprise : « comment ça tu es qualifiée et tu n’y vas pas ? » Encore aujourd’hui c’est vu comme « la classe » d’aller là-bas. Personne ne m’a jamais dit que c’était une bonne décision et que ça allait moins polluer la planète. C’est un choix personnel de polluer ? Chacun fait ce qu’il veut ? oui mais plutôt non . Maintenant on reconnait  qu’il y a une seule planète que l’on partage, celle que je pollue c’est la vôtre… donc ce n’est pas une décision si personnelle que cela.

Et puis, finalement, à quoi ça rime alors que les paysages sont magnifiques en France ? C’est ce que je me suis dit quand je suis rentrée du Costa Rica en 2013. Les paysages étaient beaux, ok. Mais je me suis de loin plus amusée sur les chemins du soleil en VTT qui se font à côté de chez moi qu’à l’autre bout de la planète.

 

Plus tu es fort, plus tu peux polluer ?

« Toi avec ton niveau, tu ne vas pas faire telle course pour ne pas prendre l’avion ? je comprends pour le péquin moyen, mais quand même toi…. » c’est ce que m’avait dit un collègue et qui m’avait fait un peu réfléchir.

C’est quoi la limite où tu deviens légitime pour pouvoir polluer ? Champion de France, Top 10 de la diagonale des fous, Vainqueur d’une manche de coupe du monde ? ou 1er à la course au saucisson du village. Ok il y a les professionnels, qui en vivent, plus ou moins, mais c’est un autre sujet. Moi je n’en vis pas, et si c’était le cas, il y a toujours d’autres métiers possibles. Je ne me sens pas autorisées pour raison sportive à ne pas prendre en compte le volet pollution dans le choix de mes courses. Et puis tout est relatif, on est tous le « péquin » d’un autre.. Pour beaucoup, « juste » faire un half Ironman ou un Ironman, c’est être son champion du monde, et tout est permis pour aller courir à l’autre bout de la planète pour faire cette distance.

 

Le sport indispensable ? oui. A l’autre bout du monde, pas sûre..

En ce qui me concerne, je ne fais « que » du triathlon, des trails et des raids. Outre le fait que ce soient des sports assez « petits » (comparés au foot par exemple..), ce sont des sports Outdoor. Si on prend l’avion pour aller de l’autre côté de la planète profiter de la nature, que l’on détruit en même temps, concrètement ça devient peu compatible, non ? Et en ces temps de coronavirus, on voit bien que le sport de l’autre côté de la planète n’appartient pas aux métiers ou missions indispensables pour la survie / vie. (Je sais de quoi je parle, mon travail de responsable marketing ne l’est pas non plus :).)

Ca ne veut pas dire que je supprime tout avion. Mais mon impact écologique est un des premiers critères pour définir mon calendrier. D’ailleurs, l’an passé, j’ai bien dû au moins aller jusqu’en Vendée pour faire les France de Raid. C’était déjà une expédition depuis l’Isère !  Et faire du raid multisport long, finalement, il y a une seule course par pays, des fois pas en France. Donc soit j’attends qu’elle revienne en France (et pas à la Réunion svp!! ), soit je choisis les courses plus proches (en même temps c’est facile, en Rhône Alpes c’est beau et on a le choix..).

 

Je parle de l’avion, car pour mon bilan écologique et mon style de vie, même en changeant mon fournisseur d’énergie et en allant au travail en vélo, ça ne sert à rien si je vais à l’autre bout du monde tous les ans. Mais chacun a son profil et ses priorités personnelles. Et puis il y a l’avion, mais aussi tous les goodies, sacs plastiques, flyers, tee shirt souvenir, gels, équipements, …  qui font partie du bilan final..

Et vous, combien de planète il vous faut ? Sans mes petites aventures dans les aéroports, maintenant pour moi c’est 1,4 planètes.. toujours trop mais en bonne voie ! et si concrètement ça vous intéresse de savoir ce qu’on a changé à la maison, c’est par là.

 

PS : j’ai mis une photo de Guillestre (France). Le problème c’est que c’est moche, et qu’il y a plus de chance d’être avec les copains quand on ne part pas loin…

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