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OtillO 2014, les championnats du monde de SwimRun, en Suède

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Ötillö correspond aux championnats du monde de Swimrun. Il y a différentes façons de pouvoir y participer : être sélectionné au mérite sur dossier sportif, être tiré au sort, ou bien se qualifier sur une des 2 courses (Üto en Suède ou Engadin en Suisse).

ötillö au JT de TF1, avec nos petites têtes dedans !

et celle de l’organisation

Ötillö c’est : 65 km de trail et 10 km de natation et le tout par petites sections car il y a 26 îles à traverser en courant, de 60 m à 20 km de long. Les sections natation entre les îles font entre 60m et 1,650km pour la plus longue. Cette course se fait en équipe, c’est Jean Christophe mon coéquipier sur cette course (comme sur Engadin Swim Run).

Mais si ce n’était que cela….ce serait presque facile ! L’eau bien connue pour ne pas être complètement chaude dans l’archipel suédois (entre 11 et 15 degrés en fonction des sections), nous oblige à nager avec une combinaison néoprène, jusque-là tout va bien. Mais surtout, il faut courir les 65 km de course à pied avec cette combinaison néoprène, car on garde tout le matériel du début à la fin de la course. Autant dire que 65km en combinaison néoprène, c’est pas évident !

Et idem pour la natation, il faut nager avec les chaussures de course à pied et le matériel obligatoire (2 sifflets, 1 boussole, 1 bandage premier secours, les cartes du parcours, une balise pour nous suivre en live). Nous avions initialement prévu de faire toute la natation avec un sac à dos pour 2, en plus du matériel obligatoire cela nous permettait de prendre de l’eau, des barres, des gels…. Mais nager avec un sac à dos, c’est quand même pas folichon, du coup l’idée était d’étudier vraiment bien le parcours et les ravitos pour savoir si JC (qui est un gros buveur) pouvait survivre avec seulement les ravitos sur le parcours.

Ötillö 2014 : retour sur les championnats du monde de Swimrun

On a tenté cette solution, sans sac à dos, en mettant le matériel obligatoire directement dans les poches de ma trifonction sous la combinaison néoprène. Finalement, il n’y a pas de solution miracle, toutes les équipes ont des équipements différents : sac ou pas sac, gourde dans le dos, manchons sur les mollets avec des flotteurs dedans pour faire remonter les chaussures, cagoule ou pas cagoule, combinaison néoprène coupée (les jambes, les bras ). Le mieux est de tester avant. Comme nous avons pris la décision 2 jours avant, nous n’avons pas pu tester, mais je suis convaincue que ce sera la bonne solution pour nous.

Le dimanche 31 aout, nous arrivons par le bateau de l’organisation sur l’île de départ : Sandham.

Le lendemain, le départ de la course est entre 5h45 et 6h15, en fonction du trafic des bateaux. Finalement, le départ est donné à 5h55. Une première course à pied de 1 km puis c’est la première natation, la plus longue de la course, 1,6km.

A 6h00, le choc est assez rude. A tout casser l’eau doit être à 11 degrés, et il va falloir nager droit pour ne pas faire plus de km que prévu, car il y en a déjà assez !

Pour la première natation nous décidons de ne pas nous attacher, car il n’y a pas trop de vagues et de courant. La natation est assez longue et très froide, vraiment très froide. JC s’est soit beaucoup entraîné en natation, soit j’ai vraiment régressé, mais j’opte pour la première option. En tout cas je n’ai pas besoin de l’attendre ni de l’attacher, et nous nageons au même rythme. La première sortie d’eau se fait attendre parce que je commence vraiment à congeler, des doigts, des pieds,.. nous sortons sur des rochers recouverts d’algues. Autant dire que c’est la farandole des chutes : il faut à moitié ramper pour essayer de sortir de l’eau… ça doit être bien comique à voir de l’extérieur.

La première course à pied fait 860 m. Je pensais que ce serait assez rapide mais nous découvrons que la course annoncée va être bien plus complexe que ce que l’on imaginait. Nous évoluons de rocher en rocher, plus ou moins glissant et c’est le début d’une longue série de chutes pour ma part ! Autant dire que nous n’avançons pas très vite, en tout cas bien moins vite que ce qu’on pouvait imaginer. On arrive enfin à la seconde natation.

Nous continuons à évoluer en essayant d’être les plus efficaces possibles en entrée et sortie d’eau : remettre la cagoule, bonnet, lunettes, les plaquettes et le pull boy. Vérifier que le coéquipier est ok et regarder les points de repère avec l’arrivée sur la prochaine île. A chaque ravito nous prenons le temps de bien nous hydrater, comme nous n’avons pas emmené d’eau avec nous.

A la première barrière horaire, 9h00 nous sommes largement en avance, mais comme l’a précisé l’organisateur de la course, « avancez dès que vous le pouvez », car vous ralentissez tous à la fin.

Sur le ravito, je vois JC arrêté au niveau de Redbull. Quand nous repartons, en courant, il me dit qu’il a bu 6 verres…. Oula, j’espère qu’il n’a pas bu que du Redbull, ou alors il ne sait pas bien ce que c’est. Je ne lui dis rien pour le moment pour ne pas le stresser psychologiquement, mais je le surveillerai au prochain ravito !

Sur le premier long run (8,7km), JC fait le choix d’enlever le haut de la combinaison néoprène, ça permet de mieux respirer, et d’avoir des mouvements du haut corps un peu plus libre. Moi je la garde, car c’est vraiment peu pratique à remettre quand c’est mouillé. Un peu avant la fin de la course, JC commence à remettre sa combi en courant. Je le vois se préparer à rentrer dans l’eau, mais sans son bonnet ! JC il est où ton bonnet ? Mon bonnet ? et là il se tâte il cherche si rien ne lui est resté dans les mains, entre les paddles, le pull boy.. il est resté dans la combinaison néoprène qui est fermée…. La blague ! C’est là où l’on voit qu’avec l’effort, les changements entre nage et course à pied, c’est facile de perdre sa lucidité. On décide de faire la natation sans le bonnet, car elle est assez courte et de le récupérer à la fin. Il s’en souviendra car sans bonnet, l’eau froide est vraiment saisissante.

Puis c’est reparti pour la course à pied. Sur certaines îles, les parcours sont vraiment difficiles, à travers la végétation, les racines, les rochers glissants,… et il faut bien repérer les balises car sans elles nous sommes perdus. Comme JC semble un peu moins à l’aise sur ces portions techniques, je cours devant avec un peu d’avance pour lui indiquer le chemin. Par la même occasion, je me prends pas mal de glissades, sur les rochers et racines, et je lui indique les options à ne pas prendre ! Je me dis que je ne me fais pas mal, pour le moment j’ai de la chance. Jusqu’à ce que je glisse sur une pierre et tape violement mon pied. Pendant quelques mètres je boite un peu, mais j’essaie de faire avec, et de l’oublier. Ce n’est pas évident, mais l’avantage avec l’eau froide, c’est qu’elle permet d’anesthésier nos petites douleurs.

Avant la 2ème grande natation (1,4km ), nous avons un ravito. Quand je vois JC boire encore son Redbull, je lui conseille de changer… et il me confirme qu’il avait bien pris 6 verres au premier ravito. Sans vouloir faire de mauvaises pub, ce n’est quand même pas la boisson préconisée sur ce genre d’efforts.

Cette longue section natation est encore très froide, et nous en ressortons congelés. Nous avons beaucoup de chances car les conditions météo sont géniales, mais je me demande comment il serait possible de nager dans de l’eau encore plus froide. Une participante me précisera après la course que depuis 4 ans qu’elle participe à Ötillö, l’eau n’a jamais été aussi froide, même s’il fait très beau à l’extérieur ! Bon ça me rassure un peu.

Je dois mettre 30 min au moins à retrouver mes pieds tout en courant. Pour courir sur des rochers glissants, et des chemins techniques, ce n’est pas très facile !

Une fois que cette longue natation est passée, psychologiquement c’est plus facile. Mais nous attendons et redoutons encore la longue course à pied de 20km sur l’île d’Ornö. Et elle arrive 4 îles plus tard ! Pendant les natations, je sens que JC ralenti un peu, même si nous allons toujours à un très bon rythme par rapport aux équipes qui sont avec nous. Mais il ne veut pas que je l’attache pour le tracter sur la natation. Du coup en l’attendant je me refroidie beaucoup dans l’eau. Donc c’est décidé, la prochaine fois je ne lui laisse pas le choix !

Nous arrivons sur l’île d’Ornö.. 20 km de course à pied. Ou plutôt, 12 km de course à pied, un ravitaillement puis 8km de course à pied.

Dès le début nous enlevons tous les deux le haut de la combinaison, pour être plus à l’aise. Nous sommes en même temps qu’une équipe mixte. Nous ne l’avions pas vue depuis longtemps. Nous avons déjà couru 40 km et nager 8km, autrement dit il nous en reste plus que 25 à courir et 1km à nager. « Plus que »…

Je suis assez fraîche mais je dois déformer un peu ma foulée à cause de mon pied que j’ai tapé, je commence à avoir vraiment mal à mon genou.

Mais je crois que JC doit souffrir également, car nous n’avançons pas bien vite, même si nous rattrapons l’équipe devant nous. Je propose à JC de l’aider en le tractant mais il refuse. Alors quand il arrête de courir dans une montée je ne lui laisse plus le choix et je l’attache pour essayer de l’aider. Je suis bien à ce moment de la course et je profite de pouvoir l’aider, un autre moment cela pourrait être l’inverse. Bien que souffrant d’une grosse hypoglycémie, JC arrive à courir pendant les 20 km sur l’île d’Ornö. Et par chance, je n’ai plus mal à mon genou quand je le tracte ! le fait d’avoir une corde autour de ma taille à tracter, me permet de changer la position de mon bassin et de ma foulée, et m’évite de me faire mal au genou. En quelques sortes, JC m’a sauvée !

Nous doublons même des équipes homme qui marchent. Cette section est difficile pour tout le monde, autant essayer de la terminer rapidement. J’essaie de motiver mon coéquipier à continuer à avancer tout en le conservant un peu pour aller jusqu’au bout. Je sens bien que je l’aide, vu la pression de la corde sur moi.. je lui demande s’il sent que ça l’aide, il me répond simplement qu’il croit qu’il n’avancerait définitivement plus sans moi ! Ca me donne de l’énergie encore et je m’impressionne à pouvoir tenir ce rythme et cet effort. Quand nous arrivons au ravito, les bénévoles nous annoncent que nous sommes 4e mixte. Waou quand même ! Jusque là nous n’avions aucune idée du classement, et cela signifie que l’équipe mixte avec laquelle nous étions au début de l’île est 3e. Bien sûr c’est la place dont personne ne veut vraiment, mais à ce moment-là de la course, je me dis que déjà si on arrive à terminer avec un JC en entier ce serait pas mal !

Après une très longue pause au ravito, ou JC doit bien engloutir la moitié de leurs gels, barres, etc… nous repartons, sur le même rythme.

Sur la fin de cette longue section course à pied, nous passons dans des petits chemins. Pour que ce ne soit pas trop dangereux, nous nous détachons et je me mets derrière JC. Sur le plat, je lui dis « Cours, JC Cours ». Et alors là, avec la plus belle volonté du monde, JC se met à courir, mais il est tellement défait qu’il avance aussi vite qu’en marchant et la phase aérienne doit être quasi inexistante. Alors je ne sais pas si ce sont les nerfs qui lâchent mais j’explose de rire et lui aussi par la même occasion : « mais je cours ! ». Un grand moment.

Nous arrivons enfin au bout de cette section il nous restera un enchainement de 4 îles où le challenge est de rester lucide pour ne pas se faire mal, enchaîner les transitions rapidement. Nous resterons attachés jusqu’à la fin, car même s’il est très bon nageur, JC commence aussi à bien fatiguer en natation. Ça commence assez mal car JC glisse sur le rocher avant de rentrer dans l’eau et s’éclate la main. Après la natation, au ravito sur l’île d’arrivée une bénévole sert une soupe à JC. Comme il saigne, elle lui demande si ça va alors JC tourne sa main, et renverse la soupe en même temps ! Quand je vous parlais de lucidité, là nous sommes au top ! Mais au moins on a bien rigolé.

Finalement, nous rejoignons la dernière île, j’annonce à JC les 3km qu’il nous reste, ça lui paraît interminable.. moi aussi car ça commence à être dur de le tracter. Mais ce sont aussi les meilleurs km, avec une arrivée en haut de la ville, au top quoi !

Nous finissons donc 4e mixte et nous sommes fort contents, avec 3 équipes de sympathiques vikings suédois devant nous. Nous finissons 35e au scratch pour un temps de 11h07, sur 120 équipes au départ.

Finalement, le choix de l’équipement aura été parfait pour nous « sans sac à dos », idem pour les lunettes arena teintées faites pour ces épreuves d’extérieur, et des chaussures, aucune ampoule à l’arrivée !

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